mercredi 18 août 2010

Peinture

Elle avait débuté son atelier en silence, chacun était installé en petit groupe autour d'une table ronde. Les élèves étaient plutôt tranquille, se qui m'avait étonné. Certain s'étaient affairé à leurs journal, d'autres à un dessin ou une toile et certains découpait des images dans des magasines qu'elle leur offrait. 

J'avais choisi la peinture par peur de ce que j'aurais écrit.Je n'avais pas touché à un pinceau depuis des lustres et je me sentais un peu ridicule, enfantin. J'ai écrit plus tard dans mon propre journal: 

"Je trempais mon pinceau dans la peinture orange en rigolant. Je le laissais s'imbiber, hésitant à le laisser sortir de là et de l'étendre sur ma toile vierge. J'étais tel un enfant ... un enfant craintif. Pourquoi j'avais autant peur...la peinture, c'était moins épeurant que les mots pourtant. Mais j'avais un souvenir qui me revenais sans cesse en tête, ma mère qui me disait que je ne devais rien salir. 
Elle s'est approché de moi dans mon dos, s'est penché vers moi et m'a chuchoté "Ferme tes yeux, quand tu auras trouvé ce que tu cherches, tu le sauras et puis ouvres-les peut importe combien de temps ça te prendra."

C'est ce que j'ai fait. J'ai fermé mes yeux même si je trouvais cela difficile. Fermé les yeux quand je suis entouré de gens, ça jamais été mon fort. Je me sens vulnérable et je n'aime pas. Mais c'était elle qui me l'avait demandé, si elle m'aurait demandé de courir dix fois nu autour de la table, je l'aurais fait.

Au commencement, je voyais des couleurs floues voler ici et là. J'entendais les crayons frotter sur les papiers, les ciseaux découper, tout me semblait amplifier. Peu à peu, les couleurs se forgeaient, des formes m'apparaissait, puis, des visages. Mes souvenirs m'ont assaillit comme jamais ils ne m'avaient assaillit. Je n'entendais plus qu'eux. Je résistais très fort à l'envie d'ouvrir les yeux quand soudain, les souvenirs se sont éparpillés, effilochés, j'y ai vue une femme de dos, planter au milieu du sable, faisant face à un lac, notre lac... le ciel était orangé. J'ai ouvert les yeux et j'ai commencé à peinturé.

Je me suis senti bizarrement calme, je n'avais de yeux que pour ce que j'étais en train de créer. C'était fantasmagorique... enfin... presque... pas autant que le sourire qu'elle m'a fait lorsqu'elle a vue le résultat. Je sais pas si elle savait que c'était elle la dame mais elle m'a dit "Maintenant signe là, tu vas voir c'est encore plus extraordinaire..." Et merde, elle avait raison. Un sentiment de satisfaction m'a submergé.

¤Nicolas

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire

Un commentaire c'est toujours amusant à recevoir.